L'âne et le rossignol

Jean-Louis Aubert (1731 - 1814) écrivit cette fable en 1756.

On m'a conté qu'une bourrique,

En dépit de sa voix et du peu de talent

Dont l'avare nature orna ces sottes gens,

Voulut apprendre la musique.

Pour réussir en son projet,

L'animal chaque jour allait dans la forêt

Etudier le chant de Philomèle,

Il ne l'eut pas entendu quatre fois,

Qu'il se flatta de l'emporter sur elle.

"Ah ! vraiment, disait-il, j'ai bien une autre voix !

Je vais gager, sans trop de vaine gloire,

Que tous les chantres de ces bois

Au moindre de mes sons céderont la victoire."

Aussitôt, l'orgueilleux baudet

Se met à braire à pleine tête.

Effrayé de cette tempête,

Dans tous les environs le peuple ailé se tait.

C'en fut assez, l'impertinente bête

S'attribua l'honneur d'un triomphe parfait.


source : Trésor de la poésie française - Jacques Charpentreau - édition : Livre de poche jeunesse

 

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