Le jeune Lapin et le Renard

Un Lapin, dans cet âge heureux
Qui ne connaît soucis ni peine,
Folâtrait près de sa garenne.
Un ami cependant faisait faute à ses jeux :
Point de plaisir complet si l’on est au moins deux.
Tout à coup s’offrit à sa vue
Un animal d’une espèce inconnue ;
C’était maître Renard, qui lui dit : « Mon cousin,
Puisqu’un heureux hasard aujourd’hui nous rassemble,
Embrassons-nous, jouons ensemble.
J’ai toujours aimé le lapin :
Le lapin !... oh oui, je le prise
Seul plus que tous les animaux,
J’en fais serment. J’ai des défauts,
Mais ma vertu, c’est la franchise. »
Ces mots ont du Lapin décidé le refus.
Il s’enfuit au terrier, et là, par sa fenêtre :
« Toi franc !... Je le croyais peut-être ;
Tu l’as dit, je ne le crois plus. »

Une vertu dont on se vante
M’est suspecte ; elle m’épouvante.
Je vous suis inconnu, vous me tendez les bras !
Grand merci, mais n’approchez pas.

Charles-Guillaume Sourdille de la Valette

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