Devenir chef de choeur

Transmettre l’envie et le plaisir de chanter, guider l’apprentissage vocal des élèves, créer et cultiver un esprit de groupe : telles sont les compétences et les qualités nécessaires pour faire chanter le groupe classe. Voici quelques conseils pour se glisser, sans connaissances musicales préalables, dans la peau du « chef de chœur ». Qu’est ce qu’un chef de chœur ?

Le chef de chœur dirige un ensemble de chanteurs. A la fois animateur et pédagogue, il encadre tout le travail de préparation d’un chant, du choix du répertoire à la prestation vocale finale. Ainsi, lors des répétitions, il présente le chant aux choristes, mène leur échauffement vocal, puis les guide pas à pas dans leur interprétation. Sur scène, il dirige la prestation du chœur à la manière d’un chef d’orchestre.

 

LES 5 ETAPES POUR DEVENIR " CHEF DE CHOEUR "

1) Aimer chanter

Si le chef de chœur professionnel doit avoir de solides connaissances musicales pour exercer son métier, il n’en est rien pour « l’enseignant chef de chœur » : nul besoin d’être Luciano Pavarotti pour faire vocaliser ses élèves… En revanche, il est essentiel d’aimer chanter pour pouvoir transmettre ce plaisir aux autres.

Idée : Chanter chaque jour avec les élèves de façon improvisée.

2) Etre à l’aise avec sa voix

Pour donner un bon exemple vocal aux élèves, il est indispensable d’être à l’aise avec sa propre voix et de savoir en faire un « vecteur » musical et attirant. Cela suppose de bien la connaître et d’en avoir exploré toute la palette : l’étendue (les notes les plus graves et les plus aiguës, accessibles sans forcer), les registres (voix de poitrine, dans le grave ; voix de tête - ou de fausset - dans l’aigu), l’expressivité (puissance, nuances…).

Idées : Effectuer un stage de découverte vocale, prendre quelques cours de chant, ou s’inscrire dans une chorale amateur constituent de bons moyens pour apprivoiser sa voix, en surmontant ses doutes et ses appréhensions.

3) Changer de « casquette »

L’expression musicale et vocale s’inscrit dans une dimension artistique. Elle suppose, pour l’enseignant comme pour les élèves, de se mettre en jeu en exposant leur sensibilité, ce qui n’est pas habituel dans le cadre des autres disciplines scolaires. Pour cela, l’enseignant doit véritablement entrer dans le rôle du chef de chœur : en communiquant avec des gestes plus qu’avec la voix, en montrant plus qu’en expliquant, en considérant tous les élèves « au même niveau », etc.

Idées : Ne pas hésiter à porter une tenue vestimentaire « spéciale » pour la séance de chant (veste, casquette…), s’inventer un « nom » de chef de chœur, etc.

4) Adopter l’attitude du chanteur

Les enfants apprennent à chanter par imprégnation et mimétisme. Leur expliquer avec des mots qu’ils doivent « oser » s’exprimer, être toniques et souriants, etc. n’est pas suffisant. Ils n’accèderont à cela que si l’enseignant adopte lui-même la bonne attitude et chante avec beaucoup de générosité.

Idée : veiller à toujours être décontracté, dynamique et souriant en chantant. Mobiliser toute son énergie et son expressivité corporelle (articulation, regard, présence) pour les transmettre au groupe de façon contagieuse.

5) Bien connaître les chansons

On ne peut enseigner une chanson que si on la connaît soi-même parfaitement. Il est donc nécessaire de répéter régulièrement chez soi pour s’approprier le répertoire avant de le transmettre à la classe.

Idée : avant de présenter un morceau aux élèves, s’exercer à le chanter : plus haut ou plus bas, plus vite ou plus lentement, plus « lié » ou plus « détaché ».

 

LA TECHNIQUE DE DIRECTION

Le chef de chœur doit pouvoir communiquer de façon claire et précise avec la chorale, par le geste et le regard. S’il existe un vocabulaire gestuel « de base » pour diriger l’interprétation, chaque enseignant doit aussi trouver le mode d’expression qui lui convienne le mieux, et qui soit facilement compris par le groupe.

 

● Privilégier le geste à la parole

→ Pour familiariser les élèves avec les gestes de direction, tout en développant leur écoute et leur concentration.

Lors de la première séance de chant, accompagner les consignes orales données aux élèves avec des gestes clairs et une posture physique correspondante. Constituer ainsi un premier vocabulaire corporel. Ex. : demander de se tenir prêt à chanter (adopter soi-même la posture du chanteur) ; indiquer de chanter plus fort ou de « sortir » son énergie (lever le bras dans un geste rond, d’ouverture).

Enrichir et affiner ce vocabulaire au fil des séances, en remplaçant, aussi souvent que possible, la parole par le geste.

Idée : essayer d’animer toute une séance de chant sans prononcer un seul mot.

● Communiquer avec les yeux

Pour faire naître des chanteurs vivants et expressifs, tout en renforçant le contact avec le chœur durant le chant.

Il est essentiel de solliciter le plus possible le regard des élèves lors des séances de chant car, pour le chanteur, les yeux sont aussi importants que la voix. En effet, vecteur d’expression, le regard est également un instrument pour se « mobiliser » intérieurement, dans la présence et la concentration. Enfin, entre le chef de chœur et les choristes, il constitue un élément de communication indispensable, complémentaire de la gestuelle.

Idées : tourner autour de la chorale pendant un chant en demandant aux élèves de ne pas quitter le chef de chœur des yeux ; diriger le groupe avec des gestes, tout en donnant des indications individuelles aux choristes par le biais du regard.

● Acquérir et transmettre la gestuelle de direction

Pour faire chanter les élèves en rythme et harmoniser les voix dans le chœur.

Le chef de chœur doit indiquer, par des gestes précis, le tempo d’un chant, les attaques et les arrêts, mais aussi les nuances d’interprétation (puissant, doux, lié, détaché…). Ainsi, il existe un vocabulaire musical et gestuel « de base » pour communiquer avec les élèves (cf. fiche 10, page x) :

- Avant le début du chant : les bras sont levés, mains devant soi à hauteur des épaules.

- Le tempo : les bras accompagnent en rythme la musique, par un mouvement de bas en haut (sans monter au-dessus des épaules, ni descendre au-dessous du ventre).

- Les départs : les bras se baissent pour indiquer le début du chant.

- Les arrêts : la main se ferme pour indiquer l’arrêt du son.

- Les nuances de phrasé et d’intensité : elles peuvent être marquées en variant l’amplitude des gestes, leur « rondeur » (ex. : battue à la fois verticale et latérale), et les parties du corps investies (ex. : bras, tête, poignets, mains, bouche).

Idées : travailler sa technique de direction devant un miroir, pour contrôler la précision (ex : attaques et arrêts très nets) et l’économie gestuelle (éviter de faire des mouvements inutiles ou trop amples) ; évaluer la compréhension de ces gestes par les élèves en dirigeant un chant a cappella, avec des variations de rythme et de nuances.

source : http://blogs.nathan.fr/objectif_musique/ouvrages-pratiques/

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