Aurélie Nemours

Aurélie Nemours (1910 - 2005)

 

 

  

Biographie :

Elle est une artiste abstraite majeure du XXe siècle dont l’œuvre est solitaire et sans concession. Peintre de recherche et de méditation, coloriste inspirée, poète et écrivaine, Aurélie Nemours est née dans la bourgeoisie parisienne du début du siècle dernier. D'abord passionnée par les Primitifs flamands et par l'archéologie, toute sa vie aura été menée par une idée unique : l'art comme ultime espoir. Angle Noir (81/82), Rythme et Signe (51), Au Commencement (57/62), La Croix… (72/73), Les Rosaces (64/80), Nombre et hasard (1991-92), Seul (1950), La Vierge (69), etc., autant de titres qui égrainent une œuvre qui, entre mysticisme et mathématiques, trouve une place dans l'Art Géométrique Abstrait et dans l'histoire de la peinture.Fondés sur des rythmes d'horizontales et de verticales, des jeux de points, de carrés ou de croix, ses tableaux, chargés de spiritualité, sont des modèles de rigueur: à l'image de sa vie, qu'elle a volontairement menée à l'abri des feux de la rampe.

Oeuvres :

           

 

       

 

 

Entretien : (source : http://www.lexpress.fr/culture/art-plastique/la-ligne-pure_489436.html)

Vous avez fait votre apprentissage, dans les années 1940, aux côtés d'André Lhote et de Fernand Léger. Que vous ont-ils apporté?

Des choses très différentes. André Lhote m'a appris la technique de la peinture. Il voulait transmettre son savoir aux jeunes générations. Ce n'était pas le propos de Léger. Avec lui, on abordait la question de la compréhension des choses. Il vous faisait entrer dans le secret d'une œuvre.

Vous n'avez pourtant pas, comme eux, opté pour le cubisme, mais pour l'abstraction. Pourquoi?

Lorsqu'on est artiste, on ne se pose pas de questions. On est pris dans une sorte de ferveur, d'où il émane un certain amour du faire, avec la main, avec le corps, avec la tête.

Que recherchiez-vous, alors?

Il est impossible de répondre car rien n'est déterminé à l'avance. Heureusement. Un artiste est un être d'aventure qui ne sait rien d'elle, mais qui, tous les jours, continue de partir, sans savoir d'où il vient et où il va. Tout ce que je peux dire est que, à force d'étude, j'ai progressé dans la compréhension de la vie.

Quelles personnalités ont nourri votre réflexion?

Je ne pense pas avoir subi d'influences. D'ailleurs, quand j'étais jeune, j'en avais même peur. Je ne regardais pas ce que faisaient les autres. Petit à petit, je me suis aperçue que nous étions quelques-uns à travailler dans le même sens, comme Mondrian et Malevitch. Ni Lhote ni Léger ne m'avaient parlé d'eux. Je suis en tout cas restée quelqu'un d'indépendant. J'ai toujours travaillé seule dans mon atelier, à l'écart de tout.

Votre existence, entièrement consacrée à la peinture, ressemble à une ascèse.

On me l'a souvent reproché. Une chose est sûre: pour aller loin dans l'art, il faut du travail et de l'humilité. Et puis il faut vraiment quitter la terre. Ça ne me pose pas de problèmes, parce que je n'ai jamais attaché beaucoup d'importance à la relation au monde.

Vous êtes croyante?

Ça a été variable. Je l'ai été profondément, pendant toute une période, par mon éducation, car j'ai été élevée dans un ordre religieux très rigoureux. Puis j'ai perdu la foi lorsque j'ai compris que la vie ne correspondait pas à ce qu'on m'avait dit. L'art a ensuite exigé de ma part de tels moments de don et d'absence complète du monde que je l'ai retrouvée. La création artistique est une manière de vivre l'esprit sur terre.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×